Crânien

Cette technique très douce a pour objectif d’évaluer et d’améliorer le fonctionnement du système crânio-sacré.
Celui-ci est composé du crâne et de toute la colonne vertébrale, ainsi que des organes et structures anatomiques qu’ils renferment. On y retrouve, entre autres, 3 membranes superposées (les méninges), qui entourent et protègent le cerveau et la moelle épinière (elle-même située à l’intérieur de la colonne vertébrale). Le liquide céphalo-rachidien, qui se trouve entre les couches des méninges, en fait aussi partie.

Selon la théorie crânio-sacrée, les os du crâne seraient mobiles (de l’ordre de l’infime) tandis que le liquide céphalo-rachidien serait animé d’un mouvement d’expansion/rétraction intrinsèque appelé « mouvement respiratoire primaire » (MRP). Grâce à leur relative mobilité, les os du crâne et les méninges serviraient de tampons dans ce système « hydraulique » semi-fermé. Tout événement qui déstabilise ce système représenterait un danger potentiel pour la santé.

Par des points de contact le long de la colonne vertébrale, le système crânio-sacré, influencerait également le système nerveux ainsi que les glandes pinéale et pituitaire, logées dans le cerveau, qui régulent plusieurs hormones, dont la sérotonine.

Percevoir du bout des doigts

Grâce à un toucher très délicat, les praticiens de la thérapie crânio-sacré, disent pouvoir sentir le mouvement respiratoire primaire. Ils arriveraient à évaluer son amplitude, sa symétrie et sa qualité près du crâne et du sacrum, là où la dure-mère (la méninge extérieure) est attachée aux os.

Le traitement crânio-sacré vise uniquement à équilibrer les forces hydrauliques du système crânio-sacré grâce à un toucher de détente.

Si, théoriquement, toute restriction du mouvement respiratoire primaire entraîne un affaiblissement des mécanismes d’autoguérison, le rétablissement de ce mouvement permettrait à ces mécanismes de se remettre à l’oeuvre. C’est en ce sens que la thérapie crânio-sacré est parfois utilisée comme approche préventive.

Elle serait également appropriée pour un certain nombre de problèmes physiques, mentaux et émotionnels. En résumé, on dit que l’approche fonctionne en aidant les mécanismes d’autoguérison à dissiper les effets négatifs sur l’organisme des stress de toutes sortes, dont les chocs violents.

À contre-courant

Au tout début des années 1900, le médecin et ostéopathe américain William Sutherland affirmait, à l’encontre d’un credo établi, que les os du crâne ne sont pas fermement fixés, mais peuvent bouger les uns par rapport aux autres. Il aurait également observé un mouvement physiologique subtil sans cause apparente dans le liquide céphalo-rachidien. Cela le conduisit à déclarer que ce mouvement était attribuable à la force vitale fondamentale, le « souffle de vie » (Breath of Life). Il l’a nommé « mouvement respiratoire primaire. Respiratoire, parce qu’il correspondrait à la respiration des tissus vivants. Primaire parce que ce mécanisme en sous-tendrait d’autres, dont le battement cardiaque.
Jusqu’à sa mort en 1954, il a cherché à adapter sa pratique à ses découvertes et en est venu à créer l’ostéopathie crânienne.

Au milieu des années 1970, l’Américain John E. Upledger, également ostéopathe, fit connaissance accidentellement avec le mouvement respiratoire primaire pendant qu’il assistait un chirurgien dans une opération sur la moelle épinière. Très intrigué, il se spécialisa en ostéopathie crânienne et étudia profondément le phénomène, dans le cadre de son travail comme professeur de biomécanique et chercheur à la Michigan State University. Étant d’avis que le rétablissement du mouvement respiratoire primaire pouvait jouer un rôle primordial dans les soins de santé, il décida d’enseigner cette technique à l’ensemble des professionnels de la santé (elle était jusqu’alors réservée aux ostéopathes) sous le nom de CranioSacral Therapy. Pour ce faire, il mit sur pied l’Upledger Institute, en Floride, en 1985.

Plusieurs controverses

Mentionnons tout d’abord que la médecine allopathique ne reconnaît pas le mouvement des os crâniens, qui sont censés fusionner après la naissance.

Devant la popularité de la thérapie crânio-sacrée, des chercheurs ont réévalué cette position, mais ont conclu que, d’un point de vue scientifique, on ne peut affirmer avec certitude que les os du crâne sont dotés d’une quelconque mobilité1.
Le milieu médical ne reconnaît pas non plus l’autre fondement de la thérapie craniosacrée, le mouvement respiratoire primaire du liquide céphalo-rachidien, qu’aucun instrument n’a encore réussi à mesurer.