Occlusodontie

L’occlusodontie vise à rééquilibrer les contacts dentaires indispensables à une bonne fonction de l’appareil manducateur (bouche).

En d’autres termes, il s’agit d’ajuster les contacts des dents entre les deux mâchoires.
Les mâchoires ne sont pas parfaitement symétriques, les dents sont parfois inclinées, ce qui peut entraîner un déséquilibre de la mastication et dans certains cas un dysfonctionnement des articulations temporo-mandibulaires.
Douleurs au niveau des articulations des mâchoires, problèmes ORL, maux de tête, problèmes d’équilibre, sensations de vertiges, douleurs dorsales, nombreux sont les désagréments provoqués par ces dispositionnements…

Chaque dent est douée d’une mobilité. On peut donc trouver ce qu’on appelle des « verrous occlusifs » constituant des points fixes à la mobilité générale de la mandibule sur le maxillaire.

Des manipulations sur les dents ou dites «  intrabuccales » sont possibles afin de résoudre ces dysfonctions.

Le traitement doit s’effectuer en considérant tout traitement dentaire et pose de gouttières, décidée par le chirurgien-dentiste.

Le concept crânien de la posture

La bipédie et la verticalité qui caractérisent l’hominisation, sont le fruit d’une lente évolution phylogénétique et ontogénétique. L’homme debout est le résultat d’une évolution cérébrale, d’une fonction cérébrale.
La forme sphérique crânienne correspondant à une relation crânio-mandibulaire orthognathe apparaît être comme un critère de verticalité optimale.

En même temps, le capteur oculaire devient le référentiel principal postural chez l’homme en complément de l’oreille interne, des pieds et de la peau.

De la même façon, notre immersion et communication dans le monde est aujourd’hui plus visuelle, qu’olfactive ou auditive ou tactile.

Ces faits nous ont conduits à proposer un concept crânien de la posture. La posture se résume en fait pour nous à une tête stabilisée dans l’espace par rapport à l’axe visuel, à l’axe du regard.

L’oeil fournit le référentiel nécessaire à l’exécution du mouvement : ceux qui font du ski, et même du cheval l’ont déjà sûrement expérimenté (5). Cette stratégie posturale de stabilisation de la tête est quasi-constante pendant la durée de vie de l’individu, seul l’enfant jusqu’à 6 ans utilise une stratégie de stabilisation du tronc dans l’espace, ceci est confirmé par les travaux de AMBLARD et ASSAIANTE.

De cette tête partent des chaînes posturales musculo-aponévrotiques qui assurent la stabilité de l’homme debout. Ces chaînes ont été décrites par G STRUYF-DENYS puis reprises par B DARRAILLANS et M CLAUZADE en 1989.

Elles sont au nombre de 5 :

  • 3 chaînes antéro-postérieures phasiques appelées linguale, faciale et centrale qui assurent l’équilibre antéro-postérieur de l’individu, la mandibule jouant un rôle de régulateur
  • 2 chaînes latérales tonico-phasiques appelées masticatrices qui assurent une fonction relationnelle d’introversion ou d’extraversion.

La relation cranio-mandibulaire

Elle constitue le référentiel musculo-squelettique et neuronal dans lequel vient s’inscrire l’occlusion dentaire. Ceci est en accord avec les thèses défendues par les gnathologistes.
Il faut distinguer la boîte et les dents. Il est nécessaire d’orienter en priorité la boîte avant de placer les dents.

  • Dans le sens antéro-postérieur

L’organisation posturale antéro-postérieure est soumise à une loi orthopédique de compensation :

  • toute pathologie ou dysmorphose antéro-postérieure crânienne trouve une compensation verticale posturale dans le corps
  • toute pathologie verticale posturale dans le corps trouvera une compensation antéro-postérieure dans le crâne

La mandibule joue ainsi le rôle de compensateur antéro-postérieur postural, mais aussi comportemental en régulant les chaînes posturales antérieure et postérieure, c’est-à-dire, linguale et faciale.

Cependant la gravité par la force permanente verticale qu’elle exerce pourra constituer un facteur ultérieur de décompensation lors du vieillissement.

  • Dans le sens transversal

Curieusement, le système humain ne possède pas de système tampon, de système de compensation transversal. Toute dysmorphose ou dysfonctionnement transversal sera pathologique et donnera un biotype de décompensation.
Les articulés croisés ou les latéro-déviations mandibulaires induiront nécessairement une asymétrie posturale et devront être systématiquement traités.

Cependant la lésion peut paraître asymptomatique au niveau de la cavité buccale et s’exercer à distance. Elle donnera ainsi lieu à des cervicalgies, voire à des tendinites ou pubalgies. Dans ce sens transversal, il nous faut englober les étiologies émotionnelles ou relationnelles qui sont considérées comme des pathologies transversales et qui pourront alors constituer des co-facteurs systémiques et ainsi faire basculer un système compensé en un système décompensé.

Dans ce concept systémique des pathologies, il faut considérer la malocclusion comme une condition nécessaire, mais pas suffisante.

L’articulation temporo-mandibulaire

L’articulation temporo-mandibulaire est une région fondamentalement compensatrice entre les deux grands systèmes posturaux que nous évoquerons ultérieurement : le système cranio-sacré et le système cranio-mandibulaire.

L’état sutural confère à la mandibule un rôle compensatif permanent et nous conforte dans le rôle orthopédique que nous lui attribuons.
Il contre-indique formellement toute action chirurgicale qui aurait pour conséquence de transformer ce tissu sutural en tissu fibrosique apte à créer des ankyloses post-thérapeutiques.