Principes

“L’ostéopathie consiste, dans une compréhension globale du patient, à prévenir, diagnostiquer et traiter manuellement les dysfonctions de la mobilité des tissus du corps humain susceptibles d’en altérer l’état de santé.”

Le concept Ostéopathique

Selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), « la santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ».
L’ostéopathie s’accorde avec cette définition car selon son concept, la santé représente la parfaite adaptation de l’organisme à son environnement.

L’attention de l’ostéopathe doit donc se porter tout autant sur l’environnement du patient que sur son organisme à proprement parler, car tant que celui-ci ne retrouvera pas une condition diététique, sanitaire, climatique, sociale… meilleure, il continuera de subir des contraintes qui entretiendront la dégradation de sa santé.

Le premier principe de l’ostéopathie est donc la prise en compte des individus dans leur globalité. Globalité environnementale et physique.

L’unité du corps

Toutes les parties du corps étant reliées entre elles par l’intermédiaire des tissus organiques qui le composent, le corps constitue une unité fonctionnelle indissociable, ainsi qu’une identité, une spécificité propre à chacun.
Dès qu’une structure du corps présente une perturbation dans son fonctionnement, cela retentit sur le fonctionnement de structures situées à distance par le biais de ces corrélations tissulaires.

La structure gouverne la fonction

Les structures du corps et les fonctions qu’elles doivent remplir sont interdépendantes.

Pour agir sur cette structure, les os sont facilement accessibles sous la peau et qu’ils servent de point d’attache au muscles et aux organes.
D’où le terme ostéo/pathie, combinaison des mots grecs osteon –os et pathein – souffrir ; l’utilisation des os pour soigner(A.T. Still : autobiographie Sully ISBN 2-911074-08-04 page 165).
Il faut une intégrité de notre charpente afin de conserver la liberté de mouvement de nos tissus.
Dès qu’une structure qui compose le corps humain commence à perdre de la mobilité, la fonction qu’elle est censée remplir pleinement est perturbée, diminuée, entraînant un trouble fonctionnel (voir explication ci-dessous). Par exemple, une perte de mouvement du colon à l’intérieur du ventre, par rapport aux organes qui l’entourent, peut être à l’origine d’une colopathie fonctionnelle.

Le corps possède ses propres mécanismes de régulation

Pour que les processus physiologiques de guérison du corps soient efficaces il faut que nos cellules reçoivent tous les éléments dont elles ont besoin pour remplir parfaitement leurs fonctions.

Cela a fait dire à Andrew Taylor Still que « la règle de l’artère est suprême » (A.T. Still : autobiographie Sully ISBN 2-911074-08-04 page 128). Les cellules doivent pouvoir se régénérer et se débarrasser de leurs déchets.

Pour cela il faut que le sang, la lymphe, en un mot tous les liquides du corps, circulent librement.
C’est le mouvement qui facilite l’acheminement des liquides dans les tissus, favorisant par la même le renouvellement du milieu dans lequel baignent nos cellules. Un autre système de régulation important est représenté par le système nerveux, qui est en relation étroite avec la colonne vertébrale.
La résultante de ces trois principes permet de favoriser l’équilibre du milieu intérieur ou homéostasie, ce qu’Andrew Taylor Still dénommait, dans un langage du XIX° siècle : l’auto guérison du corps.

Il nous semble important d’indiquer que l’ostéopathie ne prétend pas tout soigner, et que les bons ostéopathes ne réfutent pas l’usage des médicaments, ni de la médecine traditionnelle pour traiter des pathologies qui se trouvent en dehors de notre champ de compétences.

La dysfonction somatique Ostéopathique

La dysfonction somatique ostéopathique est une réaction mécanique et physiologique d’une structure du corps en réponse à une contrainte ou une agression.
Cela peut être un traumatisme, des efforts répétés, un trouble de la posture, une maladie, un stress psycho émotionnel ou des facteurs environnementaux (mauvaise alimentation, mauvaise hygiène de vie, pollution…)…
Elle s’accompagne d’une restriction de la mobilité de la structure concernée. Par le lien des corrélations tissulaires, cette restriction de mobilité retentira à distance sur une ou plusieurs structures.

Le phénomène d’adaptation/compensation

En réaction à ce facteur contraignant, le corps organise une réponse qui lui permet de s’adapter à ce nouvel événement.
Il essaie de la compenser grâce à diverses stratégies : rééquilibration de sa structure (réaction mécanique en modifiant la tension des muscles ou la mobilité des articulations) et / ou modification de ses fonctions (réaction physiologique au niveau des organes).

C’est un phénomène normal qui dans un premier temps est réversible, si le phénomène contraignant cesse ou s’il n’a pas été trop violent.

Le corps possédant ses propres mécanismes de régulation, la dysfonction peut se résorber naturellement, sans l’intervention extérieure de l’ostéopathe.
La structure incriminée retrouve alors sa pleine fonction et sa totale mobilité.
Les adaptations du corps débutent essentiellement en recrutant les muscles car c’est un schéma d’adaptation très rapide et facilement ajustable.
C’est pour cela que vous pouvez être pris d’une grande douleur très rapidement, sans forcément relier celle-ci à un phénomène particulier. Mais le muscle est un grand consommateur d’énergie.

L’organisme cherchera alors à trouver une autre solution qui lui permettra de moins puiser dans ses ressources.
Votre corps va en quelques sortes, répartir le travail sur plusieurs régions. Vous vous direz que  « la douleur s’est déplacée ».
C’est en fait le même phénomène qui évolue mais la cause est identique.

Lorsque ces mécanismes sont insuffisants, qu’ils n’arrivent pas à réguler cette dysfonction, le corps décompense peu à peu, créant un trouble fonctionnel persistant.

Le trouble fonctionnel

Le trouble fonctionnel traduit un dysfonctionnement dans l’organisme.

Il peut revêtir de nombreuses formes. Il s’accompagne très souvent d’une douleur mais pas obligatoirement ; la douleur n’étant pas proportionnelle à l’intensité du trouble fonctionnel.
Il est souvent indiqué que le trouble fonctionnel est un état intermédiaire entre la parfaite santé et le début de la maladie. La réalité est plus complexe.

Tous les troubles fonctionnels n’évoluent pas vers une pathologie organique, fort heureusement.

Comme nous l’avons indiqué précédemment, l’organisme est en perpétuelle adaptation à son environnement.
Le trouble fonctionnel accompagne cet état instable, cette recherche d’un nouvel équilibre mieux adapté à la situation.
Il ne devient pathogène (source de maladie) que s’il perdure, que si l’organisme n’arrive pas à retrouver un nouvel état d’équilibre.

C’est en cela que l’action de l’ostéopathe est à la fois curative et préventive. L’ostéopathie permet de réduire les méfaits des troubles fonctionnels, soit en supprimant leur cause, soit en réduisant leur impact dans le temps.

Le diagnostic Ostéopathique

La démarche ostéopathique n’est pas l’application de protocoles pré-établis.

Un bon ostéopathe effectue un diagnostic de chaque patient pour déterminer le traitement le mieux adapté. C’est la raison pour laquelle, une grande partie de la consultation est consacrée au questionnement et à l’examen physique du patient.

Ne soyez pas étonné si votre praticien vous pose des questions qui vous semblent éloignées de votre problème, ou s’il va regarder, toucher, mobiliser des régions de votre corps qui ne vous font pas mal.

Pour comprendre votre trouble fonctionnel et le relier aux structures en dysfonctionnement, l’ostéopathe a besoin de faire :

  • Un diagnostic palpatoire pour analyser les mouvements de vos articulations,  la souplesse de vos tissus…
  • Un diagnostic « étiopathique », qui consiste à relier vos symptômes et les restrictions de mobilité qu’il a mis en évidence, afin de déterminer la cause de votre problème.
  • Un diagnostic d’exclusion (parfois appelé diagnostic négatif) pour mettre en évidence d’éventuelles pathologies organiques qui nécessitent alors en priorité, une intervention médicale ou chirurgicale.

Ce n’est qu’à l’issue de cette démarche que l’ostéopathe pourra entreprendre un traitement.